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  Jacques DAMVILLE
 
  Peinture
  Jacques DAMVILLE

Né en 1943, Jacques Damville suit les cours de l’École Nationale des Beaux Arts de Paris, de 1965 à 1971. Sa résidence à la Casa Velazquez de Madrid (1972 - 1974) s’achève prématurément avec son expulsion par la police franquiste, consécutive à la présentation d’oeuvres inspirées par l’exécution de l’anarchiste catalan Puig Antig.

À son retour à Paris, Jacques Damville participe activement aux actions du Salon de la «Jeune Peinture». Avec les amis peintres et sculpteurs de ce Salon, il prend part à la création de divers groupes : «Figuration Critique», «Groupe Antifasciste», «Réalismes et Imageries», «Peindre et Le Réel».

Il collabore comme illustrateur avec des maisons d’édition Rombaldi, Gallimard, Casterman, Folio Jeune, etc...).

Depuis 1990, date de la réalisation d’un vaste projet monumental en granit et bronze pour la ville de Plougastel-Daoulas (Finistère), Jacques Damville répond, avec sa femme Juliette Brigand Damville, a plusieurs importantes commandes publiques qui sont l’occasion de développer le recours à la sculpture céramique.

Présenté pour la première fois à Berck en 1990, Jacques Damville y revient de la façon la plus logique qui soit avec cette exposition inscrite «sur les pas de Francis Tattegrain». Du peintre naturaliste de la marine de la fin du XIXe siècle, il partage l’exigence dans le travail qui affranchit les grands artistes des courants éphémères et médiatiques, propres à la scène superficielle d’un «art cntemporain» otage des dérives du présent. Fidèle à la peinture, il retrouve aux différents moments de son parcours des thèmes développés par Tattegrain : représentation du travail, interrogation et dépassement du réel dans le portrait et, bien entendu, une fascination marquée pour les paysages marins.

Les années 1970 - années sombres - furent marquées par cette période «pseudo-hyperréaliste» évoquées par Jean-Luc Chalumeau dans le catalogue.

«Le radiateur» (1973) appartient à cet univers glauque aux espaces étranglés par les perspectives rectilignes, où l’être se recroqueville et fuit désespérément en quête d’une issue dissoute dans des volumes sombres à la précision glacée. Allusion à l’exécution du catalan Puig Antig, l’étalage obscène des tripes du «hérisson» (1974) cherche encore le réel comme exutoire, au-delà ou en de ça de la vérité.

Jusque dans les années 1980, l’hypertension du réel trahit les tourments d’un cheminement où Damville pose autant la question des moyens que celle de son rapport au monde. Du portrait d’Anna Pelette (1974) à l’atelier de «Roger Petit-Cancelier» (1982-1989), l’humanité des modèles maintient le cap du réel.

Dans l’approche du paysage, l’exigence du travail sur le motif, quelles que soient les circonstances, transcende vite la transcription impressionniste du perçu pour discerner la force sous la forme («Grès et calcaire», 1985) ou susciter la densité d’une véritable méditation («Mémorial», 2000 - 2004). Cette maturation est encouragée par l’expérience céramique et les possibilités offertes par le passage de la surface de la toile à celui de la lave émaillée («les turbulences du souvenir », 2006). Si la série de plaques présentée à Berck évoque irrésistiblement les marines sur panneaux réalisés à Berck par Francis Tattegrain (1852 - 1915) ou Charles Roussel (1861 - 1936), elle ouvre de nouvelles portes où s’engouffre l’imaginaire.

De la vague («Vague 1», 2005) se dégage l’énergie concentrée du geste calligraphique («Couple 1», 2006), de sa turbulence émerge un langage plus abstrait, bâti sur la superposition des émaux («force d’attraction», 2006)

Georges Dilly

Conservateur du musée d’Opale-Sud

 

 


 
Disponibilité: Oui
 
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